Moyens de financement

A.  L’apport personnel

La première source de financement du créateur d’entreprise est son épargne. Elle peut prendre la forme d’apports en numéraire (somme d’argent) ou en nature (biens, fonds de commerce, brevet d’invention …). L’apport personnel est indispensable pour donner un minimum de crédibilité à votre projet et inspirer confiance aux futurs partenaires.

Si le créateur ne risque rien dans son affaire, il aura du mal à convaincre les autres de risquer leur argent ! D’autant plus que les banques ne financent pas la création à 100%. En effet, les établissements financiers écartent certains besoins durables à l’exemple des frais d’établissement et du besoin en fonds de roulement, lesquels doivent êtres financés par l’apport personnel du créateur

B.       L’apport des proches

L’argent des proches (famille et amis) est une source de financement non négligeable. Souvent, c’est grâce à ce coup de pouce familial que démarre le jeune créateur. Que ce soit sous forme de don, emprunt ou souscription au capital, la participation financière des proches ne doit pas être prise à la légère. Le risque d’échec est toujours présent et peut avoir des conséquences sur les relations du créateur avec les personnes qui lui ont prêté de l’argent. Aussi, faut-il être prudent et prévoir par écrit les conditions de participation des proches pour éviter les mauvaises surprises.

 

C.      L’apport des associés

Les associés peuvent, en plus de leur apport dans le capital, mettre des sommes à la disposition de leur société. On parle alors de comptes courants d’associés. Il s’agit d’un compte ouvert au nom d’un associé dans les livres comptables de l’entreprise, sur lequel sont portées les sommes prêtées temporairement à la société par cet associé. Il peut s’agir de sommes d’argents déposées par l’associé ou de sommes qu’il renonce à percevoir (salaire, frais de déplacements, règlement de dividendes …). Cette méthode, simple et nécessitant très peu de formalités administratives constitue à la fois un mode de financement efficace pour la société et un placement financier intéressant pour les associés puisqu’il peut être rémunéré par des intérêts eux-mêmes déductibles du bénéfice de l’entreprise.

D.      Le capital-risque

Traduit de l’américain « venture capital », le capital-risque se définit comme un investissement temporaire et minoritaire, en fonds propres (sous forme de titres de capital, de titres de créances convertibles ou non en titres de capital ainsi que d’avances en comptes courant d’associés), dans des entreprises nouvelles ou en création. En plus des fonds, le capital-risque apporte une assistance technique, un carnet d’adresses et un suivi qui sont d’un grand secours pour le créateur d’entreprise.

L’investissement des capital-risqueurs (appelés aussi business angels) n’est pas rémunéré par un taux d’intérêt. Leur rémunération correspond, en effet, à la plus value de sortie réalisée lors de la vente de leur participation. Par conséquence, les capital-risqueurs ne s’intéressent qu’à des entreprises à fort potentiel de développement, capables de s’imposer sur un marché en pleine croissance et dotées d’équipe à forte dimension managériale. Cette source de financement se distingue des autres formes de crédits dans la mesure où elle confère à l’apporteur de fonds une partie du pouvoir (droit de vote aux assemblées) ; néanmoins, l’intervention du capital-risque doit être ponctuelle et limitée dans le temps. Le désinvestissement se traduit le plus souvent par :

¬         La réduction ou l’amortissement du capital

¬         Le rachat par l’entrepreneur

¬         La revente des titres à un investisseur industriel ou financier

¬         La revente à une structure de capital développement

¬         L’introduction en bourse

Si, jusqu’à aujourd’hui, seules les structures leaders ont pu bénéficier de ce type de financement, la loi 41-05 relative aux organismes de placement en capital-risque (OPCR) vient à la rescousse des PME. En effet, selon la nouvelle loi, les OPCR doivent avoir au moins la moitié de leurs portefeuilles dédiée aux PME.

Avantages du capital-risque

·         Le créateur n'a pas à donner de caution ou de sûreté comme dans le cas d'un prêt.

·         Ces fonds propres supplémentaires vont accroître sa capacité d'emprunt.

·         L'intérêt du capital risque n'est pas seulement financier. Le nouvel actionnaire peut devenir un conseiller, voire un confident pour le créateur. Il peut aussi lui faire bénéficier de son expérience et de son carnet d'adresses.

Les inconvénients

·         Les business angels sont moins susceptibles de participer aux vagues de financement ultérieures, ils investissent une fois dans la société puis se retirent.

·         Ils peuvent revendiquer un rôle actif bien que possédant une participation minoritaire et intervenir à tous les niveaux. Certains business angels peuvent se révéler de véritable " démons " en investissant avec des arrières pensées.

 

E.       Le micro-crédit

La micro-finance est un outil de développement dont le principe est de donner un accès au crédit à ces personnes qui sont porteuses d’un projet productif, mais qui n’ont pas accès au système bancaire traditionnel. Très souvent, les bénéficiaires d’un crédit gèrent une petite activité qui leur assure un revenu journalier, et ont besoin d’un capital, soit pour développer celle-ci quand elle existe déjà, soit pour se créer une activité à partir d’une idée. Un micro-crédit commence souvent à 1.000 ou 1.500 DH, et est remboursable en 3 à 6 mois, selon les cas. Quand l’entrepreneur a fait preuve de son sérieux, il a la possibilité d’accéder aux crédits individuels, dont les montants peuvent aller de 10.000 à 30.000 DH selon les cas.

De nombreuses associations proposent des séances de formation à leurs bénéficiaires, qui peuvent porter sur la gestion et la comptabilité.

 

F.       Le prêt d’honneur

Le prêt d’honneur est un crédit à moyen terme, d’une durée comprise généralement entre 2 et 5 ans. Il est octroyé à la personne même du créateur (et non à l’entreprise qu’il crée) avec un taux de 0% Le prêt est dit « d’honneur » car aucune garantie personnelle ou réelle n’est exigée du créateur. Le prêt d’honneur vise à consolider, voire remplacer l’apport du créateur et à jouer chaque fois que c’est possible un effet de levier pour l’obtention d’un financement bancaire complémentaire. Les prêts d’honneur ont vocation à financer partiellement les besoins durables d’une création d’entreprise (les investissements de départ, le besoin en fonds de roulement). Le montant du prêt varie selon les possibilités et les orientations économiques de l’organisme distributeur. Souvent, les montants des prêts sont de l’ordre de 10.000 à 50.000 DH. Cela dit, certains accordent des prêts d’honneur pouvant atteindre 150 000 dirhams, voire plus

Au Maroc, plusieurs organismes accordent des prêts d’honneur aux jeunes porteurs de projets. Parmi ces organes, on peut citer l’Association Maroc Telecom pour la Création d’Entreprise et la Promotion de l’Emploi et le réseau Maroc Entreprendre. Ce dernier est une association de chefs d’entreprises qui a pour objet de favoriser l'initiative économique en accordant aux créateurs de PME des prêts d'honneur et un accompagnement par des chefs d'entreprises expérimentés qui s'engagent personnellement en apportant leur nom, leur soutien financier, leur disponibilité, leurs compétences et leurs réseaux.

G.      Le crédit bail

Le crédit bail ou leasing est une technique de financement des investissements professionnels. Il peut porter soit sur l’équipement de l’entreprise (matériel, mobilier) soit sur ses locaux professionnels (immobilier)

Le crédit bail mobilier

Le crédit bail mobilier est un mode de financement locatif à usage professionnel. Le bailleur (organisme de Le crédit bail) achète un bien qu’il loue au locataire (client). ). A expiration du contrat, le locataire peut acheter le bien à sa valeur résiduelle. Cette dernière est déterminée dès la signature du contrat et prend en compte les loyers déjà versés. Il est également possible de rendre le matériel (véhicule utilitaire, Equipment industriel, matériel informatique, etc.) au loueur ou de le reprendre en location sur de nouvelles bases.

Crédit bail immobilier

Le crédit bail immobilier est destiné au financement des locaux professionnels déjà existants ou à acquérir. Il finance aussi les constructions à réaliser sur un terrain appartenant au client ou à acquérir. Les entreprises peuvent ainsi, financer des constructions importantes sans apport initial sur une durée pouvant s’étaler sur 7, 10 ou 15 ans.

Les atouts du crédit bail

·         Un leasing permet en général de couvrir l’intégralité du besoin de financement.

·         Aucun apport initial n’est exigé comme c’est le cas pour un crédit bancaire. Le besoin d’apport de fonds propres pour l’équipement étant ainsi éliminé, les ressources restent disponibles pour l’exploitation.

·         L’exigence en matière de garantie est également réduite.

·         Pour un même bien, les paiements de location sont habituellement moins élevés que les mensualités de remboursement d'un prêt. Si votre entreprise a un besoin important de trésorerie, il peut être plus avantageux de louer votre équipement.

·         C'est une formule souple et avantageuse pour les entreprises qui sont amenées à renouveler leurs équipements.

·         Le bien loué ne figure pas sur le bilan de l'entreprise locataire dans la mesure où il ne lui appartient pas.

Les inconvénients

·         Coût de financement élevé

·         Le contrat passé correspond à un engagement définitif. Le locataire est donc tenu de payer les loyers à date fixe. Dans le cas contraire, il sera forcé de restituer le bien qu’il a loué mais également de verser toutes les échéances encore dues jusqu'à la cessation du contrat.

·         Le locataire est tenu de remplir les obligations qui représentent généralement le lot de tout propriétaire, et notamment de supporter les charges liées au fonctionnement du bien.

·         Le crédit bail ne remplace pas un réel fond de roulement dont nécessitent les entreprises pour mettre en marche la production. Il ne représente qu'un moyen de soulager l'entrepreneur.

·         Les biens financés dans ce type de contrat sont en général des biens standards et non pas des biens plus sophistiqués ou plus élaborés.

 

H.      Crédit classique : les banques

Lorsqu'on pense au financement, le premier réflexe est de se tourner vers les banques. Une des activités principales des banques est l’octroi de crédits. La création d’entreprise nécessite des appuis bancaires, car, sans crédit, la construction d’une entreprise sur le long terme est très difficile et risquée.

 Or, les banquiers ne sont pas forcément les plus faciles à convaincre, notamment dans le domaine de la création d'entreprise. Mais si vous y arrivez, les banques peuvent vous accorder différentes sortes de prêt.

Pour mettre les chances à ses côtés, le jeune entrepreneur doit présenter un projet innovant, rentable et un business plan bien élaboré et bien étudié.

Les contraintes à l’accès au crédit 

¬         l’insuffisance voire l’inexistence d’apport personnel (fonds propres).

¬         l’absence ou l’insuffisance de garanties offertes par le promoteur.

¬         le manque de fiabilité des projets soumis.

¬         la non maîtrise des coûts.

 

Exemple : Crédit moyen et long terme banque populaire

Objet 

Vous souhaitez investir pour créer ou moderniser votre entreprise et vous avez besoin d’un financement flexible et répondant à os attentes, Business Project vous propose son crédit moyen terme et vous permet de financer vos projets d’investissement à hauteur de 70% du coût total de l’investissement en cas de création et 80% en cas d’extension.

La durée de remboursement peut s’étaler sur une période de 7 ans pour le moyen terme ou sur une période de 7 à 12 ans pour le long terme.

Points clés 

¬         La mise en place du crédit est effectuée après étude du dossier, établissement et prise de garanties, signature des contrats.

¬         Le déblocage se fait en deux tranches. La première ne dépasse pas 50% du crédit consenti, la deuxième tranche est débloquée sur la base des justificatifs de dépenses engagées et celles à engager par le client.

¬         Le crédit est débloqué au fur et à mesure de l’avancement du projet sur la base des justificatifs.

Avantages 

¬         Crédit allant jusqu’à 80% du coût total de l’investissement.

¬         Différé allant jusqu’à 2 ans.

Remboursement en fonction de la rentabilité de l’investissement pour vous éviter les difficultés

Dernière mise à jour de cette rubrique le 16/06/2008

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